Entrer en relation avec un groupe de personnes qui parlent une autre langue, ont une culture différente de la sienne, d’autres habitudes culinaires ne va pas forcément de soi. D’autant qu’au-delà des différences perçues immédiatement, il en existe d’autres moins visibles, mais de la compréhension desquelles dépendent la qualité de l’échange. Quelques exemples : le rapport à la famille et l’éducation des enfants, le langage corporel, la gestion des émotions, la conception du passé et de l’avenir…

L’interculturalité, c’est l’ensemble des interactions entre deux cultures différentes, générées par des rencontres ou des confrontations. Impliquant des échanges réciproques, elle doit être fondée sur le dialogue, le respect mutuel et le souci de préserver l’identité culturelle de chacun.

Afin de bien préparer cette rencontre, il est fondamental d’anticiper les situations de rupture culturelle. L’un des enjeux est de sortir d’une posture d’observateur et de rencontrer véritablement les partenaires. Pour cela, il convient de travailler sur les stéréotypes avec les jeunes d’ici et du pays qui vous accueille, et d’expliciter les codes comportementaux.

Il ne faut pas oublier que la rencontre interculturelle commence parfois à l’intérieur du groupe et révèle parfois que l’on est plus tolérant avec ceux que l’on rencontre qu’avec ceux que l’on côtoie quotidiennement. Un travail de préparation au départ permettra de connaitre les représentations de chacun, d’identifier les valeurs fondamentales à propos desquelles vous n’êtes pas prêts à transiger, celles qui peuvent faire l’objet de discussions, et même celles difficiles à aborder…

Si le voyage se déroule dans un pays où les conditions de vie sont difficiles pour les habitants et où certains droits fondamentaux ne sont pas toujours assurés, il faut éviter de nourrir une vision utilitariste de l’échange, à savoir : « Les jeunes d’ici relativiseront leurs propres difficultés en appréhendant les difficultés sociales des pays visités ». Cette approche nourrit une vision misérabiliste des partenaires et fausse l’équilibre des relations entre les personnes.

Enfin, même si les jeunes ici et là-bas ont de nombreuses références communes (les mangas, Facebook, les jeux vidéos…), il faut beaucoup de temps pour comprendre le fonctionnement d’une société, en connaître les spécificités. Mieux vaut en avoir conscience et ne pas se fixer des objectifs inaccessibles.

Via le monde peut vous donner quelques conseils pour la préparation de votre groupe. Une préparation au départ adaptée à votre projet est également envisageable. En trois à quatre séances, elle donnera des clefs de compréhension sociologiques et culturelles du pays qui vous accueille, vous aidera à déconstruire les stéréotypes et à rendre votre groupe actif dans l’appropriation du projet et la rencontre.

Contactez Siloé Vincent, chargée de projets éducatifs à Via le monde au 01.41.60.89.17



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