Le coronavirus au Sud

Le Covid-19 agit comme un miroir de la globalisation, affectant le Nord comme le Sud, mais selon des modalités différentes. Une étude de Frédéric Thomas, chercheur au CETRI.

La crise sanitaire, économique, écologique et politique qu’il provoque soulève nombre d’interrogations, de réflexions et de réponses au Sud dont est proposé ici un éventail.

En quelques semaines, le monde a changé. Nos habitudes, nos rapports aux autres, à l’espace et au temps, ont été bouleversés. Des centaines et des centaines d’articles circulent, plus ou moins pertinents – avec, inévitablement, leur lot de théories complotistes –, empruntant à tous les registres – de l’étude scientifique aux thèses prophétiques, en passant par le témoignage –, pour essayer de capter l’esprit de ce bouleversement, pour en décrire les effets et les enjeux, en analyser les causes et les à-côtés, en esquisser les « après » possibles ; cauchemardesques ou souhaitables.

On l’a dit et répété avec raison : la pandémie du Covid-19 agit comme un miroir de la globalisation. Elle donne à voir ses flux et ses arêtes, ses angles morts et ses nœuds. Le rétrécissement de nos mouvements et l’ampleur du choc ont, dans un premier temps, dressé une vision homogène ; vision qui, très vite, s’est déchirée pour laisser apparaître les inégalités – territoriales et ethniques, de genre et de classe –, dont le virus est à la fois un révélateur et un catalyseur. Or, ces inégalités se déclinent et se reconfigurent également selon un axe Nord-Sud.


Lire la suite.