La fin de la mondialisation heureuse

La propagation de la pandémie souligne, une fois encore, à quel point l’économie mondiale dépend de la Chine. En 2017, la rédaction d’Imagine se penchait sur la mondialisation, ses conséquences et ses limites.

Le coronavirus engendrera-t-il un changement radical pour la mondialisation ?

La mondialisation, que ses promoteurs annonçaient heureuse, portée par une hausse de la consommation et un recul de la pauvreté, semble aujourd’hui montrer ses limites. Le Nord se désindustrialise, le Sud surexploite ses ressources, partout les inégalités se creusent. Et le modèle peine à rebondir depuis l’effondrement du système financier de 2008.

« La croissance économique mondiale reste faible depuis 2009, constate André Sapir, économiste de l’ULB. Quant aux échanges internationaux, ils ne progressent plus, alors que durant 20 ans, ils ont augmenté deux fois plus rapidement que le produit intérieur brut mondial. »

Que se passe-t-il ? Les économistes avancent plusieurs explications. « Il y a d’abord un changement de modèle de la Chine, poursuit André Sapir, qui se tourne vers son marché domestique. Le pays étant le premier exportateur mondial, cette inflexion pèse sur les échanges mondiaux. »

Les dirigeants chinois, craignant que les nombreux conflits sociaux qui secouent le pays (30 000 par an) ne dégénèrent en un soulèvement général, à l’image des Printemps arabes, ont réorienté l’économie vers la satisfaction de la demande interne. Résultat : les échanges internationaux de « l’usine du monde » ont fléchi de 7 % en 2015.

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