Soirée autour du film « Fragments de Rêve »

Retour sur la soirée organisée le jeudi 14 novembre, au cinéma le Studio à Aubervilliers, par l’association Indigènes Films (Panorama des Cinémas du Maghreb et du Moyen- Orient) et le cinéma Le Studio, avec le soutien du service International- Via le monde.

Cette soirée a réuni un public large et diversifié de 80 personnes. Le Vice-présent, Abdel Sadi était présent.

Le film de Bahia Bencheikh El Fegoun, porte sur les mobilisations citoyennes de la jeunesse algérienne avant 2019 –notamment à travers les revendication de la coordination nationale des chômeurs, de la lutte des médecins pour le droit à la santé en 2013 et de leur répression, ou encore à travers de jeunes activistes présents sur les réseaux sociaux.

Le regard sensible de la réalisatrice a permis de capter avec justesse les maux d’une grande partie de la jeunesse algérienne, qui peine à se projeter, en prise avec le chômage de masse.

Bahia Bencheikh El Fegoun choisit de montrer ceux qui luttent pour leurs droits, bien que leurs cris soient parfois teintés de désespoirs, comme ce journaliste- poète, Ayad qui finit symboliquement par enterrer ses poèmes.

Dans le film, elle dénonce aussi les nombreuses immolations par le feu de jeunes devant les agences pour l’emploi, les suicides, la traversée de la Méditerranée.

Le débat, conduit par la journaliste Rosa Moussaoui à la suite de la projection, a mis en lumière le rôle et la place du cinéma algérien pour porter un nouveau regard sur ce pays, parfois plus facilement au-delà des frontières qu’en dedans, mettant en lumière aussi la difficulté de la production artistique aujourd’hui en Algérie. De nombreuses questions du public ont porté sur la situation actuelle depuis le 22 février, sur l’héritage des années noires de 1990 pour les nouvelles générations. Des interventions percutantes de franco-algérien.ne.s, qui ont salué le pacifisme et le courage des jeunes Algérien.ne.s qui manifestent en ce moment.

Après la projection, un buffet offert par l’association "Maida pour Tous" a permis de poursuivre les échanges de façon conviviale.

Quelques jours plus tard, le service International-Via le monde accompagné la réalisatrice invitée Bahia Bencheikh El Fegoun au siège de l’association Périphérie, à Montreuil, pour établir des liens qui pourraient par la suite permettre de prolonger ces échanges culturels et cinématographiques entre la Seine-Saint-Denis et l’Algérie en impliquant des jeunes.