Prévention et gestion des crises et conflits ici et là bas...

...Quelle place pour les diasporas ? Débat organisé par le FORIM et Via le monde, dans le cadre des initiatives pour la paix organisées à l’occasion de Journée internationale de la paix décrétée par l’ONU.

Dans le cadre des Initiatives pour la paix organisées à l’occasion du 21 septembre, Journée internationale de la paix décrétée par l’ONU, le Forum des organisations de solidarité internationale issues de migrations (FORIM) et le service Via le monde, ont proposé, le jeudi 10 octobre 2019, un débat sur le rôle que peuvent jouer les diasporas dans la prévention et la gestion des conflits en France et dans leurs pays d’origine.

Une dizaine de participants ont pris part à l’échange afin d’exposer leurs expériences et leurs points de vues. Animé par Madame Brinouri Brice MONNOU, administratrice du FORIM et Présidente de la fédération Femmes et Contribution au développement (FECODEV), le débat a notamment vu les interventions de messieurs Jules OBAMA, responsable du pôle « Jeunesse » du FORIM, François MARCHAND, co-président de Non-violence XXI et Nicolas BOUROUMEAU, Service international-Via le monde, en charge de la Culture de Paix.

Plusieurs questions ont fait surface telles que « Parle-t-on de paix quand il y a déjà le conflit ? Ne doit-on pas différencier le rôle des associations « urgentistes » qui interviennent en situation de crise, du rôle des « développeurs » qui interviennent en amont des conflits pour –justement– les éviter ? La notion de paix ne devrait elle pas être ainsi cet état normal d’une société, permettant une vie digne pour toutes et tous, dans l’ensemble de ses dimensions (accès à l’eau, à la santé, à l’éducation, à l’emploi, à la culture, etc…), plutôt que cet état entre deux périodes de guerres ou de conflits ? Comment fait-on une éducation à la paix et quel rôle central de l’éducation pour la paix ? », « Comment communiquer sur la non violence ? », « Les périodes électorales sont-elles de nature à renforcer la violence dans certains pays ? »

Des messages et des notions très fortes ont également émergé, tels que « le faire ensemble et le besoin de s’appuyer sur les acteurs locaux » ; « Quand les gens se soulèvent c’est qu’ils ont faim » ; « La notion de paix passe par la femme, particulièrement dans certaines sociétés où leurs actions collectives peut être déterminantes » ; « Travailler pour l’égalité femmes-hommes, c’est agir pour la paix » ; « Comment les diasporas, pour agir pour la paix, doivent dépasser les désaccords issus des situations conflictuelles des pays d’origine et comment, unies, elles peuvent au contraire peser pour des solutions pacifiques dans leurs pays d’origine ? ».

Si le débat a abordé de nombreux exemples issus de pays d’Afrique, toutes ces remarques pourraient s’appliquer à de nombreux autres pays, en Amérique latine et Colombie notamment. Mais si nous devions retenir deux recommandations, elles pourraient être :

- La paix passe par l’éducation des enfants qui seront les futurs gouvernants de demain.
- Le travail est plus pertinent et efficace lorsqu’il est co-construit et articulé entre tous les acteurs, dans le respect du rôle de chacun – et particulièrement celui des acteurs locaux : institutions (locale, nationale ou internationale), organisations de la société civile.

Héléna Ossola