Le Collectif Clowns d’Ailleurs et d’Ici (CCAI)

Des rencontres circassiennes et citoyennes entre jeunes de Dakar et de Seine-Saint-Denis.

En juin et en août, des jeunes en école de cirque à Dakar sont venus à la rencontre des jeunes de Seine-Saint-Denis, en partenariat avec le collectif cirque d’ici et d’ailleurs. Durant leur séjour, ils ont partagé des ateliers socio-éducatifs autour du cirque et organisés des représentations suivies de rencontres citoyennes.

Le Collectif Clowns d’Ailleurs et d’Ici (CCAI), association pantinoise, accompagne depuis 2002 des écoles de cirque social à l’international et plus spécifiquement dans des pays où la discipline est peu répandue, soutenue et/ou reconnue (Cambodge, Sénégal, Madagascar, Tanzanie…).

Dans le cadre de son appui à la création et à la diffusion de spectacles, le Collectif, soutenu par l’Appel à Agir/Via le monde, a accueilli au mois de juin et juillet derniers, dans plusieurs villes du département, la compagnie sénégalaise SENCIRK et son nouveau spectacle « Emigration » en France.

Au-delà de la production artistique, le but de ce projet était de mieux faire connaître le Sénégal aux Séquano-dionysiens, sa culture, son histoire, la vie des jeunes là-bas, notamment à travers l’expérience du centre artistique de SenCirk qui contribue à travers le cirque à un objectif social d’insertion des jeunes en situation de grande précarité.

Encourageant l’idée d’une citoyenneté mondiale, cette rencontre entre les Séquano-dionysiens et des jeunes sénégalais s’est insérée dans une logique de mixité et d’échange interculturel.

Les jeunes de SenCirk sont issus de milieux très défavorisés. Ils ont intégré une compagnie professionnelle, qui leur permet aujourd’hui d’appréhender leur avenir professionnel avec un peu plus de sérénité. Cependant, la vie au Sénégal reste précaire, SenCirk travaille aujourd’hui à assurer des débouchés aux jeunes sortant de la formation. Le groupe, accueilli l’été dernier en Seine-Saint-Denis, est la 1ère génération de SenCirk, tous âgés de moins de trente ans, le projet est né et a grandi avec eux.

Les problématiques liées à la pauvreté, la précarité et à l’insertion professionnelle, bien que propres au contexte sénégalais, sont transposables aux problématiques actuelles en France : comment intégrer les jeunes ? Comment leur assurer un avenir professionnel ? Comment éviter les dérives et la délinquance ? Comment réduire les inégalités ?

Bien que les contextes économiques et politiques nationaux soient très différents, les actions sociales menées dans certaines villes en France, rejoignent celles menées en faveur des enfants des rues et des familles défavorisées au Sénégal, pour lesquelles l’action artistique peut être un vecteur d’insertion et de reprise de confiance en soi probant.

Par le biais du cirque et des valeurs qu’il véhicule, la création d’un lien et la réalisation d’un projet commun entre des personnes de cultures différentes sont possibles. C’est cette idée qu’a voulu transmettre le CCAI aux Séquano-Dionysiens.

Des actions d’échanges interculturels et artistiques ont été menées sous le chapiteau de SHAM SPECTACLES au Bourget en direction du jeune public (6-12 ans).

Puis la troupe s’est installée à Pantin pour y mener un projet d’échange spécifique avec les habitants du quartier prioritaire des Sept-Arpents Stalingrad (projet intitulé « Parcours d’immersion artistique et interculturelle »). Plusieurs démonstrations ont été ouvertes à tous.

Collectif clowns d’ailleurs et d’ici