Projet Phu Nu de Batik International

"Favoriser l’accès aux droits des travailleuses migrantes au Vietnam", le Service international Via le monde vous raconte son intérêt pour ce projet dans la province de Hai Duong, partenaire de coopération du Département.

Résumé et objectifs du projet

Le Vietnam connaît un fort développement industriel qui s’accompagne de migrations internes des campagnes vers les villes : les jeunes femmes sont les principales concernées. Isolées, elles sont souvent précaires et vulnérables. Ce projet visait à les autonomiser dans leur capacité à améliorer leurs conditions de vie et de travail avec trois axes principaux : Organisation de groupes de paroles/plaidoyers de femmes et formation de femmes « leader » pour leur animation ; Organisation de réunion multi acteurs pour agir avec l’ensemble des parties prenantes (propriétaires, employeurs, services sociaux et de santé, justice, autorités, syndicat) ; Mise en œuvre d’action concrète (rénovation de logement, mise en place de salles d’allaitement, organisation d’événements de sociabilisation, ….).

Comment définiriez-vous votre projet en 3 éléments ?

- 90 femmes leader formées, 30 groupes de paroles créés, plus de 560 réunions organisées ;
- Près de 12 parties prenantes associées, soit 60 personnes ressources mobilisées ;
- 1/3 des réclamations ont abouti favorablement.

Recommandations

Le Département de la Seine-Saint-Denis s’est doté, dés 2002, d’un Observatoire départemental de lutte contre les violences faites aux femmes. C’est donc une priorité des politiques départementales qui permet à la collectivité de bénéficier d’une certaine expertise en ce domaine. De plus, les autorités vietnamiennes communiquent régulièrement sur leurs volontés de s’attaquer à ces violences. Il était donc naturel que le Département s’engage, avec la province de Hai Duong, dans le projet construit par BATIK International. Les actions proposées rejoignaient par ailleurs nos modalités d’intervention : rendre les bénéficiaires acteurs de leur émancipation, agir en réseau dans une coordination multi acteurs, mettre en œuvre des actions concrètes. Le travail conduit se prolongera par un projet spécifique – porté par BATIK International – sur le harcèlement au travail. Nous réfléchissons à développer d’autres projets structurants, en associant des partenaires complémentaires (ville de Montreuil, Université Paris 8) : création d’un Observatoire à Hai Duong, aide au travail en réseau, développement de formation en direction des professionnels,…
Nous travaillons par ailleurs à développer cette thématique dans nos autres coopérations décentralisées.

Il parait important de bien expliquer la démarche au partenaire : en s’engageant sur cette thématique, il ne s’agit pas de stigmatiser le territoire concerné. Les violences de genre concernent toute la planète : c’est parce que nous avons une expérience dans la lutte contre ces violences que nous proposons d’agir, et non parce que la situation dans le territoire partenaire serait pire qu’ailleurs. En apportant cette précision importante, tous nos partenaires s‘engagent avec enthousiasme.

Quelle fut l’attitude du partenaire vietnamien ?

La province de Hai Duong agit pour l’égalité femmes-hommes : c’est avec intérêt qu’ils se sont engagés dans le projet proposé par BATIK International. Les résultats sont encourageants mais il reste beaucoup à faire : le processus des femmes leaders et des groupes de paroles – s’il mérite d’être encore accompagné, sécurisé et pérennisé – est un élément de confiance pour la progression continue du nombre de femmes sensibilisées. Les pratiques de décloisonnement entre acteurs de champs très différents (propriétaires, employeurs, autorités, services sociaux ou médicaux, etc…) sont des pratiques à démultiplier. Sur la question stricte des violences faites aux femmes, le travail en réseau de professionnel (police, justice, santé, services sociaux, ….) est une obligation pour pouvoir prévenir, détecter, protéger et accompagner les femmes victimes de violences.