Portraits d’acteurs Festisol - 7

Portrait de Nathalie Guisset, Directrice Artistique et Metteure en scène de la compagnie Art dans le jardin, à Montreuil.

Originaire d’Avignon, Nathalie Guisset est une artiste depuis l’âge de 12 ans. Après avoir étudié la photographie dans une école d’Art en Ecosse, dansé les claquettes au côté d’un professeur à New-York, celle-ci revient aux sources et intègre le conservatoire d’Avignon en art dramatique.

Mais Nathalie est une voyageuse invétérée et, à la sortie du conservatoire, elle prend ses bagages et part pour 2 ans au Maroc, devenant professeur d’interprétation à l’ISADAC (Institut Supérieur d’Art Dramatique et d’Animation Culturelle de Rabat) « J’ai trouvé dans le théâtre une espèce d’assemblage de danses, d’arts plastiques, c’est un art collectif, que j’aimais bien » affirme Nathalie Guisset.

De retour en France à l’âge de 26 ans, Nathalie décide de reprendre des études en dramaturgie pour compléter sa formation initiale. Durant cette formation, elle rencontre une metteure en scène, qui lui propose de collaborer avec elle sur une mission à Chanteloup-les-Vignes, cité réputée difficile à l’époque, et d’ailleurs pour l’anecdote, lieu de tournage du célèbre film Français "La Haine" de Mathieu Kassovitz. « Dans cette cité, tous les espaces dédiés à la culture, comme les centres culturels ou encore les MJC étaient investis par les gangs de drogue » dénonce-t-elle. Sa mission consistait donc à réintégrer de la culture dans ces lieux et fédérer la communauté dans l’espace public.

C’est à ce moment précis, qu’elle décide de créer sa propre structure du nom d’Art dans le jardin. L’idée de la Compagnie est originale, faire de la création dans tous les endroits où cela est possible hors espaces scéniques. Ainsi, les gares ou les parcs et, plus largement les lieux publics, possèdent une poétique où il est possible d’y injecter une création mêlant la danse, le théâtre et toute autre forme d’art, selon la philosophie d’Art dans le Jardin.

Des jeunes, des collégiens de SEGPA (Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté), ainsi que des personnes âgées ont participé durant deux années au projet « L’envol ». Ces Montreuillois ont fabriqué les éléments de décor et pensé la scénographie pour réaliser un parcours théâtral au parc des Beaumont. Pendant une semaine, le public déambulait autour de ce parcours.

Mais Nathalie conserve un amour tout particulier pour le Maroc, le projet « Regardons-nous grandir » prend alors naissance.

Mais revenons un peu plus en arrière, lorsque ce projet ne portait pas encore de nom. C’était il y a 5 ans, dans la région de Souss-Massa dans le sud du Maroc. La directrice artistique d’Art dans le jardin, travaille avec des jeunes filles dans un pensionnat. A partir d’un questionnaire proposé à ces pensionnaires, autour de la thématique du « Corps, du cheveu et de l’intime », un monologue est né, ainsi que la réalisation d’une création artistique. Cette idée a fait l’unanimité puisque ces jeunes filles se sont mises en scène dans plusieurs petits villages de la région.

L’évidence est alors claire, Nathalie se rend compte que ces jeunes marocaines détiennent un réel besoin de s’exprimer. Elle va étendre ce projet jusqu’à la ville de Tiznit, en collaboration avec la ville de Saint-Denis, afin de former 25 lycéens marocains au théâtre de prévention. Les principaux problèmes de santé, selon ses jeunes, sont la drogue et le sida. Après des débats et une intervention du service santé de la ville pour sensibiliser sur le sujet, le groupe de jeunes a réalisé une pièce de théâtre, ainsi qu’un court-métrage.

Le travail exceptionnel de Nathalie Guisset avec ces jeunes se fait alors remarquer par la fondation Sanady. Cette fondation souhaite créer un laboratoire, un espace amenant des jeunes issus de situations difficiles à échanger de façon ludique et théâtrale.

«  La fondation Sanady voulait que j’apporte un peu de bien-être à ces enfants » déclare-t-elle. Nathalie s’appuie sur son idée de questionnaire, mais cette fois-ci sur des questions personnelles, allant du CV à d’autres plus sensibles. De plus, il lui vient à l’esprit, de mener ce projet de façon transversale avec la France, auprès de jeunes français en difficulté de parcours, en milieu carcéral et issus de missions locales. Au total, ce sont 150 portraits du projet « Regardons-nous grandir » qui en ont découlés. «  Le but des portraits permet aux jeunes de re-comprendre/ ré-interpréter d’où ils viennent, leur origine, et ce qui les fait rêver, c’est une introspection réflexive de leurs parcours  » affirme Nathalie Guisset.

Qu’est-ce que fait Art dans le jardin pour le FestiSol ?

Venez découvrir ces portraits touchants à la Maison populaire de Montreuil, du 20 au 25 novembre de 10h à 20h30. Aucune excuse pour rater cet événement, l’exposition sera ouverte en continue durant ces 5 jours !