Portraits d’acteurs FestiSol - 4

Portrait de Madame Oko Wivine, Présidente de l’association "Médecins Après la Mort" - MAM93.

Sur l’écran d’ordinateur, des jeunes, pelles et râteaux à la main, ramassent dans la bonne humeur les déchets qui jonchent les rues de la ville. Cette ville, c’est Brazzaville, au Congo, dans laquelle Oko Wivine a mené, cet été, une action de nettoyage et d’assainissement pendant un mois. « Ce sont les jeunes de l’association qui ont eu l’idée », explique t-elle en faisant défiler les photos. C’est avec une fierté non dissimulée que cette montreuilloise parle du projet qu’elle a aidé à porter, mais dont l’idée et la mobilisation reviennent aux jeunes bénévoles de son association, MAM 93.

En juillet, quatre jeunes se sont donc envolés à ses côtés pour aider les locaux à mener à bien cette mission dans sa ville natale. « Il y a eu trois phases : sensibiliser, nettoyer et la remise de prix pour le concours des ruelles les plus propres. Et ce sont eux qui ont gagné. On a également beaucoup parlé aux gens, de l’importance d’avoir des rues propres, parce que ça évite des maladies, comme le paludisme. »

Avec le soutien de la mairie de Brazzaville, Oko Wivine et les jeunes de l’association ont donc travaillé main dans la main : « Ce qui étaient génial c’était de voir tous les jeunes se mélanger sans jugement, avec un objectif commun. Ça a mobilisé tout le quartier », raconte t-elle avec joie. Elle ajoute : « Comme projet d’avenir, on aimerait faire un centre social et culturel pour les jeunes, car c’est quelque chose qu’il leur manque. »

L’idée de la création de MAM 93 est familiale. « Elle vient de mon défunt père », précise t-elle. « Quand il est arrivé ici pour se faire soigner d’un cancer en 2008, il a vu l’accueil des gens et il s’est dit que c’est ça qu’il fallait faire au Congo. »

L’association dont l’acronyme signifie « Médecin Après la Mort » tient à promouvoir la solidarité sous toutes ses formes : « C’est un adage du dialecte congolais qui veut dire "si tu veux m’aider, fait le maintenant, n’attends pas la mort" ». Agir, que ce soit pour l’assainissement, l’environnement ou encore l’éducation, tels est le crédo d’Oko Wivine.

C’est donc en 2010, qu’avec ses proches, elle décide de monter l’association. « On a commencé par aller dans des écoles pour faire de la sensibilisation. Au début, on s’auto-finançait par des brocantes et des petits événements. Puis j’ai choisi de m’impliquer complètement et d’apprendre. Je suis allée à Via le monde, j’ai appris comment réaliser un projet, comment le valoriser. Et ça m’a également permis de développer ma confiance en moi. »

Pendant le Festisol, elle prévoit d’organiser une journée à Montreuil pendant laquelle son action au Congo sera mise à l’honneur : « on voudrait diffuser la vidéo que l’on a tourné à Brazzaville, pour partager notre expérience et notre solidarité. » Une solidarité « ici et là-bas » qui n’est pas prête de s’arrêter tant la mobilisation d’Oko Wivine est efficace, et son énergie contagieuse.

Constance Bloch, journaliste