Témoignages des jeunes du collectif des Zappymeals

Le collectif des Zappymeals est constitué de huit jeunes de 16 à 19 ans qui fréquentent la Maison de quartier Emile Dubois, structure d’accueil de l’OMJA, à Aubervilliers.

Ils sont investis dans un projet ambitieux, sur deux ans, autour de l’alimentation. Le premier volet du projet concerne la « malbouffe ». Il se concrétise ce mois d’avril 2015 par la rencontre de jeunes new-yorkais, qui partagent leurs préoccupations.

Témoignages des jeunes du collectif des Zappymeals, de leur responsable à la Maison des jeunes Emile Dubois, Madame Bintou Diarra-Soukouna et de la chargée de projet du Centre ressource Via le monde, Madame Siloé Vincent :

Pouvez-vous nous présenter votre projet ?

Le Collectif  : Nous sommes avant tout un collectif de jeunes dont le but est de sensibiliser d’autres jeunes à la malbouffe, ses origines et ses conséquences. Pour cela, nous menons des actions de sensibilisation lors d’événements organisés par la ville et par l’OMJA, pour faire passer nos messages. Et pour qu’ils circulent, on a crée des spots vidéo qui interpellent.

Ce projet consiste à sensibiliser les citoyens contre les dangers de la malbouffe mais aussi à informer sur les conséquences de la malnutrition dans le monde. C’est un projet global, qui aborde toutes les questions liées à l’alimentation.

On anime chaque mois un temps sportif qui s’appelle « Un mois /Un sport ». A chaque fois on organise une rencontre autour d’un sport différent et on invite les jeunes et les adultes à le pratiquer. C’est pour leur démontrer que c’est facile de bouger ! Mais cet événement est toujours en rapport direct avec notre projet et l’alimentation.

Notre but est aussi de créer un guide bilingue avec les jeunes que nous allons rencontrer à New York, une sorte de fascicule illustré, un « ABCD de la malbouffe ». Enfin, notre projet est en deux parties. Dans un premier temps, il consiste à aller dans un pays industrialisé très touché par les désordres alimentaires. Dans un deuxième temps, il se réalisera dans un pays où certains sont confrontés à des problèmes de malnutrition. Nous souhaitons ainsi pouvoir appréhender les deux aspects et avoir plus de recul sur ces questions.

A quoi votre visite au Centre ressource Via le monde a-t-elle été utile ?

Bintou Diarra-Soukouna : Nous avons regardé un court-métrage sur la souveraineté alimentaire : « Comment nourrir le monde ? » de Sabrina Massen et Denis Van Waerebeke. On a appris beaucoup de choses. Surtout sur la complexité du système de production et les échanges mondiaux de produits alimentaires. On croyait que les agriculteurs mangeaient mieux que tout le monde et qu’ils mangeaient ce qu’ils produisaient, mais c’est faux !

On a pu suivre une animation autour de l’exposition « A Table ! ». C’est un ensemble de photographies qui représentent des familles du monde entier. Elles exposent devant elles leur consommation alimentaire de la semaine. On a commencé par essayer de savoir de quel pays il s’agissait et d’estimer le coût de la consommation pour chaque famille. C’est loin d’être facile ! Quand on met toutes ces photographies côte à côte on saisit aisément qu’il y a beaucoup d’inégalités dans le monde, c’est sûr, mais aussi beaucoup de pratiques alimentaires différentes.

Siloé Vincent  : Le but de cette visite était de montrer aux jeunes plusieurs outils d’animation sur le droit à l’alimentation, qu’ils pourraient réutiliser lors des temps d’animation qu’ils organisent avec leurs différents publics. Le centre de documentation dispose de nombreux supports pédagogiques sur la souveraineté alimentaire. Mais la plus-value de Via le monde, ce sont aussi les conseils dispensés sur place pour aider à leur prise en main !

Quel est pour vous l’intérêt d’une séance comme celle-ci dans le projet ?

Bintou Diarra-Soukouna : Nous sommes en train de découvrir d’autres problèmes liés à l’agriculture que nous n’avions pas abordés : par exemple les inégalités de récoltes alimentaires dans les différents territoires. Il est très important que les jeunes du Collectif assimilent cette dimension pour une meilleure approche du sujet, lors de nos animations.

C’est quoi pour vous la malbouffe ?

Le Collectif  : La malbouffe c’est le Fast-food, c’est manger n’importe comment et ne pas faire de sport ! Ce sont les maladies liées à une alimentation déséquilibrée, la consommation excessive de soda…C’est …les Etats-Unis ! Mais c’est loin d’être le seul pays concerné !

C’est aussi ne pas manger au bon moment, le grignotage…

Quelles vont être les suites du projet ?

Bintou Diarra-Soukouna : Après le voyage à New York, le projet va se poursuivre, bien sûr. Nous allons continuer à sensibiliser les jeunes d’Aubervilliers aux pratiques alimentaires par des actions et des animations et finaliser notre guide construit avec les jeunes new-yorkais.

L’idée c’est de faire un second volet de projet autour de la malnutrition. C’est de partir dans un pays où certains n’ont pas accès à la nourriture. Nous nous pencherons sur les causes et les conséquences des carences alimentaires. Comment y remédier.

Ainsi, l’année prochaine, nous nous consacrerons au thème de la souveraineté alimentaire en partant cette fois au Vietnam, en tissant un partenariat avec un centre de santé sur place. Ce pays ne connaît pas tout à fait les mêmes problématiques, bien qu’il n’y ait pas forcement de frontière à la mondialisation de l’alimentation.

Pour en savoir plus sur les Zappymeals.