Forum départemental des acteurs de la Solidarité internationale

Ce Forum départemental des acteurs de la solidarité internationale, s’est tenu le 14 juin 2014.

Dans le cadre, de l’amélioration de la qualité des projets issus du territoire, une démarche de concertation a été mise en place pour préparer la tenue d’un Forum départemental en juin 2014.

Le processus préparatoire au Forum des acteurs de la Solidarité internationale était ambitieux et a permis aux acteurs locaux d’être coauteurs de sa forme et de ses contenus. Après avoir déterminé les thématiques de travail, ces acteurs ont pu réfléchir aux contenus du Forum grâce à l’organisation de onze ateliers, de février à juin 2014, rassemblant au total 138 personnes issues de 91 associations différentes.

La forme des ateliers variait à chaque rendez-vous : des animations pédagogiques, des interventions de spécialistes, des brainstormings autour de deux thèmes :

  • Quelle mise en réseau des associations pour améliorer les pratiques ?
  • Comment faire de la sensibilisation à la citoyenneté mondiale en Seine-Saint-Denis ?

De multiples dispositifs encourageaient l’expression des participants, pendant la préparation, comme le jour du Forum :

  • l’édition de Lili (newsletter de Via le monde et du réseau des acteurs de la SI) « Spécial Forum » conçue par les participants à la veille de l’événement,
  • la réalisation de minis portraits vidéo,
  • une Agora où l’on pouvait laisser ses demandes de contacts et ses réflexions et questionnements,
  • le dispositif artistique final de la compagnie théâtrale La Communauté inavouable qui encourageait les acteurs à se mettre en scène, …

Un Forum réussi qui a rempli ses objectifs

La table ronde intitulée "De l’impact des initiatives locales de solidarité à la renégociation internationale des Objectifs de développement post-2015", programmée avec les interventions du Vice-président Jean-François Baillon, du sociologue des organisations Jean-Pierre Worms et de la déléguée générale d’Emmaüs International Nathalie Péré-Marzano, a joué la carte de la pédagogie et soulevé de nombreuses questions de la part du public.

Cela démontre leur intérêt et leur implication pour articuler au mieux leurs actions avec l’élaboration de nouveaux objectifs de développement et d’une autre gouvernance mondiale.

En appui, un numéro spécial de L’Elan – publication d’éléments d’analyse de l’actualité internationale – a été réalisé par Via le monde et distribué aux participants. Ce dossier traitait exclusivement du bilan des Objectifs du millénaire pour le développement adoptés par l’ONU en 2000 et des enjeux liés à l’élaboration de nouveaux Objectifs de développement durable, à partir de 2015.

Les outils participatifs (débats, jeux de rôles, ...) et les thèmes choisis ont obligé les acteurs (sans distinction de statut) à mieux se connaître et à échanger leurs points de vue comme leurs expériences.
Les réseaux d’acteurs ont pu échanger, se confronter, en participant aux deux animations pédagogiques issues de l’éducation populaire : un « débat mouvant » et un « débat butiné ». Les animateurs de ces ateliers étaient issus quasiment à part égale d’OSIM et d’ASI, et de deux représentants de service « Relations Internationales » des villes (Montreuil et Sevran).
Il est notable qu’un quart des participants au Forum se sont investis dans sa préparation.
De plus, le rôle actif d’animateur de Via le monde dans cette démarche a rappelé l’importance d’impulser des dynamiques de travail et d’échanges entre acteurs de tous types et de sortir des logiques de guichet existant encore parfois entre associations et institutions.

Les deux thématiques d’échanges choisies ont permis d’aborder franchement les blocages qui persistent dans la collaboration entre acteurs de la solidarité internationale (crainte de récupération de leurs projets, concurrence vis-à-vis des financements, difficulté à s’organiser collectivement et à se décentrer de leurs propres activités…).

Le groupe de travail sur la mise en réseau a mis l’accent sur la culture associative, rappelant que toutes les formes associatives n’ont pas le même passé, ni la même gouvernance.

Celui sur les actions de sensibilisation a insisté sur la nécessité de « penser » les événements le plus en amont possible, afin d’attirer réellement son public cible, plutôt que de chercher à faire de la communication grand public. Des échanges de pratiques en animation ont apporté quelques repères en la matière.

A l’occasion des réunions de travail, d’autres questionnements ont également émergé et fait débat : « Comment sensibiliser au Sud ? », « Quelle légitimité particulière des acteurs de la solidarité internationale pour faire de la sensibilisation en France ? ». 26 interventions écrites de porteurs de projets ont répondu à ces questions sur l’espace recueil de paroles créé à cet effet.

Un diaporama de photographies des acteurs de la Solidarité internationale prises lors des initiatives conduites par Via le monde et lors des ateliers préparatoires était visible dans l’Agora.

Un quiz sur les pratiques de Solidarité internationale en Seine-Saint-Denis réalisé à partir des premiers éléments d’analyse de l’observatoire séquano-dionysien a été distribué aux participants.


Conclusion

La mobilisation des acteurs du territoire démontre la réussite de cette démarche participative et de l’action de sensibilisation concomitante portée par Via le monde.

Il n’en reste pas moins que les réactions spontanées aux thématiques choisies démontrent l’enjeu de poursuivre le travail quotidien et minutieux d’accompagnement des acteurs, afin de sortir des clichés et idées reçues sur les questions de citoyenneté internationale, encore trop souvent pensées dans un cadre de coopération « Nord »-« Sud ».