Le développement durable et la citoyenneté européenne

Un projet européen "Comenius" mené avec trois classes, celles du lycée Arthur Rimbaud de La Courneuve, de l’Institut supérieur de l’instruction Pietro Bonfante de Poggio Mirteto (Italie) et du lycée Golescu de Gaesti (Roumanie) sur deux ans, entre 2009 et 2011.

Un projet européen "Comenius" mené avec trois classes, celles du lycée Arthur Rimbaud de La Courneuve, de l’Institut supérieur de l’instruction Pietro Bonfante de Poggio Mirteto (Italie) et du lycée Golescu de Gaesti (Roumanie) sur deux ans, entre 2009 et 2011.

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C’est de la volonté de trois établissements scolaires européens qu’est né ce partenariat entre des lycéens italiens, roumains et français. Au cours de ces deux années, des rencontres régulières ont eu lieu pour réfléchir et débattre ensemble au sujet du concept de développement durable attaché à une éducation à la citoyenneté européenne. Pour aborder le sujet de façon concrète, deux problématiques ont tout particulièrement été étudiées :

. L’environnement et la fragilité écologique, avec une confrontation entre les réalités française, notamment en Seine-Saint-Denis, milieu fortement urbanisé, italienne et roumaine, les deux derniers établissements scolaires se situant en zone rurale

. Le difficile équilibre entre efficacité économique et équité sociale

La première année, les classes ont travaillé à l’échelle locale et nationale les thématiques écologiques : la gestion de l’eau et celle des déchets. Avec une mise en commun et comparaison des résultats lors d’une conférence avec les représentants des écoles impliquées dans le projet (conférence à Bobigny en mai 2010).

La deuxième année, plus centrée sur l’équité sociale, les discussions et les champs d’investigations ont porté sur le commerce équitable et la responsabilité sociale des entreprises. Ce travail a permis de montrer les initiatives que pourraient prendre les entreprises pour respecter et assurer les équilibres fondamentaux de nos sociétés. Des rencontres de restitution se sont déroulées dans chaque pays, moments privilégiés de débats entre les jeunes qui ont, entre autres, permis de renforcer la compréhension de l’autre et le respect mutuel.

L’intérêt de tels projets est multiple.

Pour les élèves, on peut parler d’une prise de conscience élargie des problématiques écologiques et sociétales au contact des jeunes européens partenaires mais également un apprentissage très efficient pour communiquer, argumenter, se présenter oralement. Les échanges réguliers sur les définitions du vocabulaire nouvellement utilisé dans le cadre du développement durable et de la citoyenneté européenne a été un formidable élément pour bâtir le socle commun des connaissances. La découverte de nouvelles langues et la pratique de l’anglais fédérateur restera un atout essentiel pour eux.

Le travail autour des technologies de l’information (notamment la création et la mise à jour d’un site Internet) participe à un enrichissement personnel qui pourra faciliter leur insertion professionnel future. La progression régulière du niveau de conscience des jeunes et de tous les participants s’est déroulée de façon ludique grâce à des évaluations sous forme de jeux de rôle, de questionnaires lors de nos rencontres. Le quiz réalisé également lors de la conférence au lycée Arthur Rimbaud a été un bon instrument de mesure de l’évolution des connaissances.

Quant à nous, professeurs, malgré l’énorme charge de travail que représentent l’organisation et le suivi d’un tel projet, nous retirons de cet engagement un enrichissement pédagogique mutuel avec une confrontation des méthodes de travail et des liens durables entre les partenaires.

Les productions des élèves ont été diversifiées :

. Réalisation d’un sondage d’opinion,

. Organisation de rencontre (débat, spectacle),

. Mise en commun des activités sous forme de diaporama et de DVD sur la gestion des ressources en eau dans les trois pays,

. Constitution d’un glossaire multilingue réalisé sous forme de brochure en Roumanie et sur support numérique en Italie et en France,

. Réalisation d’une charte multilingue qui a été réalisée et présentée par les élèves citoyens sous forme de slogan afin d’alerter les consommateurs européens sur les habitudes à changer en matière de consommation.

La qualité de ce parcours de deux ans est aussi à attribuer aux intervenants associatifs, aux professionnels qui ont pris de leur temps pour nous faire part de leurs connaissances sur ce vaste sujet qu’est le développement durable, leurs convictions.

Chronologiquement :

La toute première sortie se fit au Centre Départemental d’Entraînement en Réseau (CDER), de la Direction de l’eau et de l’assainissement du Département de la Seine-Saint-Denis qui gère, entretient les réseaux. La descente dans l’égout d’entraînement fut une expérience unique !

L’Observatoire Régional des Déchets en Ile de France (ORDIF) a présenté le tableau de bord des données recensées en Ile-de-France sur l’année, des exemples concrets de projets en Seine-Saint-Denis (gestion des déchets organiques, du compostage dans les communes, collecte des piles…) mais également la dangérosité et le traitement difficle voire périlleux de certains déchets.

Le Groupe PAPREC, situé à La Courneuve, nous a ouvert ses portes, afin de mieux appréhender, en temps réel, l’organisation de l’entreprise et l’intérêt du recyclage du papier.

La structure Auxilia d’accompagnement et de sensibilisation des publics au développement durable a, à la fois, conclu cette première année et introduit la suivante en présentant la notion de développement durable dans sa globalité et en insistant sur les notions de responsabilité de chacun et de solidarité envers tous.

Cette rencontre s’est déroulée à Via le monde, centre départemental de ressources de la Seine-Saint-Denis, qui depuis plus de deux ans nous accompagne dans l’organisation de ce parcours.

La deuxième année, d’autres rencontres se sont déroulées avec le Collectif de l’éthique sur l’étiquette avec lequel nous avons débattu autour du film "Nous achetons, qui paye ?" de Lotta Ekelund et également évoqué la campagne "Il est mortel ce jean".

Avec Artisans du monde nous avons approfondi la notion de commerce équitable grâce à des ateliers réalisés autour d’une exposition et un quizz.

Les élèves se sont rendus aux "Jardins biologiques du Pont-Blanc" à Sevran où ils ont été sensibilisés à l’importance des circuits courts de consommation, à la notion d’économie sociale et solidaire mais aussi au suivi comptable et plus globalement l’organisation d’une structure d’insertion.

Et enfin, pour terminer ce parcours pédagogique, les élèves ont travaillé à la réalisation d’un diaporama animé avec l’aide d’Elise Picon, réalisatrice (association Belladone) associée au projet dans le cadre du projet e-change de RITIMO